Ah, Ah, avril ! Avril, ce joli mois qui précède mai. Avril débute sous le signe du poisson. Le 1er pour être tout a fait juste. Le poisson d’avril fait partie de nos traditions. C’est pour cela que je vais vous conter à présent, une histoire de…lapin ! Mais pas n’importe lequel. Je m’en vais vous narrer l’aventure de Grognol , un lapin qui, vous allez le découvrir, est au top. Un récit, strictement interdit aux lecteurs de plus de quatorze ans.
Le jour ouvrait ses grandes paupières, déchirant à grand peine le lourd rideau noir de la nuit. Quoi de plus beau que la naissance d’un jour nouveau. Fini les angoisses nocturnes, adieu mauvais rêves et vilains cauchemars. Nous voici prêts pour de nouvelles aventures. Certes, c’est ce que pensent les enfants et leurs parents. C’est aussi, à l’exception de quelques chouettes et autres oiseaux nocturnes, l’avis partagé par une grande partie de la nature. C’est surtout l’avis de Grognol, notre lapin, qui a pour habitude, de sortir de son terrier peu avant le lever du jour.
Ce matin là, 4 avril 2012, jour de Saint Isidore, avec son air fier et même hautain, Grognol prenait le chemin de son pied de thym favori, la plante qui lui va le mieux au teint. Mais, parvenu au milieu du pré, il voit d’une butte, de la terre voler. « Qui a donc bien pût précéder mon lever ? » s’intrigue notre héros du petit jour ? S’approchant du site des travaux, Grognol lève le…lièvre. Une tache rose domine une masse sombre d’où émergent deux pattes lancées dans un mouvement aussi agile que boulimique.
« Qui es-tu toi pour retourner mon pré sans m’en avoir informé ? » questionne un rien agacé, Grognol à l’ouvrier. Ce dernier, sans nullement modérer son ouvrage, rétorque :
« Mon nom est Pithète et dans ma tribu l’on me qualifie d’ouvrière assidue ». Etonné, Grognol se plante sur son derrière afin de prolonger confortablement la discussion.
« Dans votre famille, ce sont les filles qui creusent ? A quelle étrange tribu appartiens-tu ?»
Sans baisser de rythme, Pithète rétorque à l’intrus :
« Les humains nous ont nommé taupe et chez nous ce sont les filles qui amusent la galerie mon gros lapin »
« Tu ne me traite pas de gros, s’il te plait. C’est parce que je suis assis sur mon séant et que j’ai le poil redondant que tu me vois des formes avantageuses mais je suis un athlète qui court tous les jours afin d’entretenir ma pointe de vitesse » répond Grognol offusqué par l’adjectif de Pithète.
« Ne te vexe pas. D’abord, je ne te vois pas gros car nous autres, les taupes, sommes aveugles. Je t’ai traité de gros lapin car c’est une expression que j’ai entendu de la bouche de Zita, la fille du jardinier Paulin. Elle causait de très près à Prosper, le jeune fils du châtelain. »
« Incroyable ! Comment reconnais-tu ces deux-là si tu ne vois point ? »
« Fastoche. Mon nez rose me les a nommé. Zita embaume la lavande alors que Prosper empeste le purin de ferme. Mais, comment te nommes-tu ?
« Je te dirais mon nom lorsque tu accepteras de cesser toute cette agitation le temps de notre discussion. » rispote Grognol, un rien énervé par la langue bien pendue et le ballet incessant des pattes de son interlocutrice.
« Bon O.K comme je te sens bien mon lapin, j’entame ma pause car je veux connaître ton nom. Cela me coûte car sais-tu qu’il faut travailler plus pour gagner plus ?»
« Ah non, pas celle-là on me l’as déjà faîte! On appelle cela le coup de la carotte. Mais comme j’aime bien ton petit minois, je te donne mon nom. Mon père Hoquet et ma mère Hinos m’ont appelé Grognol. Je n’aime pas tellement mais mes copains de terrier m’appellent Gnognol, c’est plus rigolo qu’ils disent. »
« C’est pourtant bien comme nom, Grognol. Et puis, il faut accepter celui qu’on t’a donné. Pour moi ce sera Grognol, mon petit lapin » minaude d’une petite voix fluette Pithète.
« Tiens, tiens, de gros lapin, je suis devenu ton petit lapin ? » ironise alors Grognol en secouant la tête d’un côté à l’autre.
« En fait, je ne sais pas comment te le dire mais, je t’aime Grognol. »
« Diantre ! » s’exclame alors notre lapin dont les yeux scintillent comme les étoiles d’une belle nuit d’été.
« C’est pas tout, mais j’ai mon trou à creuser mon lapinou ! » dit Pithète.
« Et moi, mon thym à aller brouter » répond Grognol.
« Laisse tomber ma taupe adorée, demain, pour toi je creuserai. »
« Tu es un amour mon petit lapin chéri mais sauras tu faire avec tes grosses pattes. C’est un travail d’orfèvre, mon bijou. »
« Sans problème, je m’adapterai. »
Les deux nouveaux amoureux se quittent, les pattes tremblantes et les têtes toutes retournées. Un aussi improbable amour, ça vous chamboule. En fait, oubliant son thym, Grognol regagne illico son terrier pendant que Pithète s’enfouit dans sa galerie.
Comment cette histoire va-t-elle se poursuivre ?
Pithète, la taupe aveugle, va-t-elle « revoir » son nouvel amour ?
Grognol ne va-t-il pas poser un lapin à son amoureuse ?
A vous, les enfants, d’imaginer la suite et d’écrire les aventures de Pithète et Grognol.
Maxdestillac