Une pincée d'humeur, une poêlé d'humour, une livre de sentiments, une louche de souvenirs, un brin d'actualité. L'ensemble, épicé de convictions. A déguster de préférence chaud.
Au diable la poésie, foin de l'humour. Jetons ce matin sur le papier quelques humeurs. La période que nous vivons m'aura marqué à bien des égards. Par ses dimensions d'abord. Elle est d'importance mondiale et n'a guère épargné de contrées. Il se dit et s'écrit qu'elle aurait, à défaut d'infecter, affecté une moitié de l'humanité ! Gigantesque et tragique. Ses conséquences sanitaires dépassent toutes les prévisions. Des millions de personnes contaminées, des centaines de milliers de morts. C'est tout sauf la "grippette" annoncée par une poignée de dirigeants parmi les plus puissants du monde dont, ironie du sort, l'un d'entre eux a manqué y laissé son existence. La portée économique, et donc sociale, va dépasser tous ce que notre monde moderne a connu. Plusieurs nations à genou et la faim qui va venir jeter dans les rues des pays les moins bien lotis, désespoir, misère et, leur fille légitime, la violence. Notre ami Jacques, depuis la Colombie, nous a déjà alertés sur ce sujet. L'effet de surprise de populations, sous nos latitudes baignant dans un relatif confort, rajoute à la férocité de l'attaque de cet invisible ennemi. Le monde est atterré. Mais, chez nous autres français, il est un phénomène qui vient m'apporter réjouissance et espoir en l'avenir. Vous avez comme moi constaté combien, une fois la notion d'argent oubliée, l'action bénévole était affaire de quelques individus naviguant majoritairement au-delà des cinquante voire soixante printemps. Il en va ainsi dans la vie de nos associations, dans l'animation de nos bourgs et, plus généralement, dans tous les domaines de la vie publique extra-professionnelle. Mettre la main dans le cambouis est souvent incompatible avec la conduite d'une ascension professionnelle ou la construction d'une filiation. Certes. Toutefois, ceux qui sévissaient d'ordinaire lors de l'annonce des compositions d'équipes nationales de football ou bien de rugby se sont, cette fois, déchaînés. Les bars bouclés à double tour, nos sélectionneurs de comptoir ont inondé les réseaux sociaux pour donner leur avis, avancer des solutions, conseiller, critiquer, menacer et, souvent insulter celles et ceux qui font à quelque niveau et dans n'importe quel domaine que ce soit. Les "diseurs" ont pris le pouvoir sur les "faiseurs". J'ai lu que les premiers nommés seraient 66 millions et demi en notre pays. Je sens le chiffre exagéré (sinon qui sont les seconds ?) mais ai bon espoir de me tromper. Cette pandémie mondiale m'a ouvert les yeux sur la masse cachée de compétences inexploitées dont dispose notre pays. Mes amis, me voici rassuré pour l'ancienne génération remplacer. Nous aurons des lendemains qui chantent, dès lors qu'à présent à visages démasqués (?), ces épidémiologistes, sociologues, savants, logisticiens, etc…, vont animer le monde d'après. Ce soir, nous serons peut-être déconfinés… Si tel est le cas, nous allons défier le virus. Reprendre dans un environnement, une ambiance et des contraintes différentes nos activités. Et moi, cesser de vous importuner ou vous amuser, suivant les cas, avec mes billets confinés. A bientôt dans le monde nouveau. Prudence, patience. Et à très vite (peut-être à lundi !). MAXDESTILLAC