Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une pincée d'humeur, une poêlé d'humour, une livre de sentiments, une louche de souvenirs, un brin d'actualité. L'ensemble, épicé de convictions. A déguster de préférence chaud.

Publicité

RENCONTRES

RENCONTRES
Publicité

Mardi 25 février. Nous abandonnons notre hôte à peine délivré d’un légitime sommeil réparateur. Le ciel est chagrin comme fidèle à lui-même. Une dernière piqure de rappel pour que l’on se souvienne bien de lui. Le vaccin se veut agressif. Les averses trouvent un précieux allié. Une hostile bise nous gifle le visage. Direction Portsmouth avec escale à Winchester. Célèbre pour sa cathédrale, cette petite ville semble posséder bien d’autres atouts dans son délicieux piège à touristes. Nous remontons High Street. Cette artère centrale qui rythme la respiration de la cité n’a de cesse de poser des obstacles au regard du visiteur. Chaque façade est prétexte à contemplation. Les bâtisseurs successifs ont délibérément empilés des styles divergents. Comme pour réaliser un improbable patchwork. Les boutiques de bouche adhèrent à cette diversité. Etablissement de classe ou restauration rapide, chacune propose une escale dans un voyage gastronomique (ou pas !) à travers le monde.

Il faudrait une journée pour jouir pleinement des trésors de cette ville. Nous n’avons pas le temps. La cathédrale se refuse à notre visite pour cause de coût prohibitif pour une visite trop brève. Juste le temps de dérober un regard sur l’impressionnante nef et d’admirer une colonne d’enfants revêtus d’un étrange déguisement ! Nous quittons l’héroïne de la célèbre chanson interprétée, entre autres, par le New Vaudeville Band et Petula Clark. La vue extérieure de l’édifice ne pouvant nous être taxée, une photo globale nous permet de nous l’approprier ! Un autre et dernier cliché nous autorise à ramener West Gate chez nous. Une course effrénée vers la voiture, pour cause d’averse de grêle, clôture le volet tourisme in England. Nous retrouvons le ferry « Normandie » où des journaux français nous ramènent aux tristes réalités de notre pauvre monde. Une mer d’huile nous accompagne jusqu’au port de Caen-Ouistreham lequel nous promet notre première nuit…française !

Mercredi 26 février. Nous voici à Caen où nous attendent deux passagers à qui nous avons promis un covoiturage jusqu’à Paris. L’occasion de noter combien ce périple entamé il y a une semaine aura été l’occasion de quelques belles rencontres. Nous avons reçu confirmation d’une nouvelle forme de consommation et de comportement. Notre société marchande se lézarde. La gratuité commence à…bien se vendre ! L’individualisme perd du terrain. L’indifférence recule. La notion de partage se développe. Depuis peu, nous sommes adeptes de deux réseaux de partage à la croisée de la consommation et du relationnel. Nos déplacements, à deux dans un véhicule de cinq places, sont mis en ligne sur un site de covoiturage. Chez nous, nous visitons le monde au fil des récits de voyageurs, partageant notre table et profitant de notre toit une paire de nuits.

RENCONTRES

Si nous avions pour habitude de partager notre véhicule, en revanche, pour le logement, nous n’avions que accueilli, mais jamais été hébergé. Notre première expérience aura été magnifique. Sur la route du Millénium, nous avons fait escale à Bristol, chez Phil. Ce quinquagénaire nous reçoit dans une vaste et confortable demeure de la banlieue de Bristol. L’homme sait ce que partager signifie. Il voyage de cette manière aux quatre coins de la planète. Ses hôtes forment remparts face à une solitude seulement divertie par la musique et une vieille compagne, sa chatte. Son ouverture d’esprit s’est frayé une ouverture dans la barrière du verbe dressée entre nos deux personnes. Pour Martine, experte dans la langue de Shakespeare, ce ne fut que ravissement et dialogue jusque bien après la dernière bouchée du repas préparé par ses soins. Superbe bonhomme et, pour nous bien belle expérience. Ce come-back s’imposait avant de vous faire découvrir, demain côté français, nos deux covoiturés : un marin et un dentiste. La voiture se conduit désormais côté droit de la voie. Les derniers faubourgs de Caen dépassés, la Normandie nous livre son catalogue le plus traditionnel. Chaumières typiques et prairies plantées de pommier précèdent et succèdent à l’imposante basilique trônant sur Lisieux.

A l’intérieur de la berline, c’est de vieux gréements, de chansons de mer, de tempêtes et de voyages qu’il s’agit. Il n’est pas vieux le loup de mer qui nous conte si bien son élément. Bien que citoyen de Carentan, il est encore trentenaire. Pourtant, ces récits de courses au large pourraient tromper l’auditeur. Au bout des mers, il est des quais peuplés de cultures différentes. Cédric les a rencontré, étudiés et compris. Talentueusement, Il nous les restitue avec mesure et humanité. Il nous apprend le milieu maritime, ses colères, ses bateaux. Sa philosophie de vie s’est forgée au feu de ces expériences. Elle est belle et rend foi en l’homme. Son compagnon de route se prénomme Reda. Il a moins bourlingué que son voisin. Son quotidien le plonge dans la tourmente parisienne. Il hésite encore entre capitale et Normandie. Ce sera notre meilleur guide pour traverser l’ancienne Lutèce. Il maitrise les excès de la métropole. Normal, Il vit dedans. Il s’apprête d’ailleurs à vivre de dents : il termine ses études de dentiste ! Merci à Cédric, le marin et Reda, l’urbain pour leurs deux visions du monde. Elles se ressemblent beaucoup.

MAXDESTILLAC

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article